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 Jappements - La vocalisation excessive

Par Dr Richard Beaudet, éthologue

L’aboiement est une manifestation normale chez le chien, bien qu’il soit mal perçu dans notre société. En effet, une vocalisation qui atteint 130 décibels peut être dérangeante, surtout que les normes gouvernementales indiquent que l’oreille humaine ne doit pas être exposée à 88 décibels ou plus durant plus de 15 minutes.

 

Les causes 

L’aboiement peut être causé par divers facteurs, notamment par de l’anxiété de séparation, de la peur ou une obsession compulsive. Toutefois, dans la majorité des cas, l’éducation de l’animal parvient à régler le problème. D’abord, il est important de savoir que chaque comportement comporte plusieurs séquences. La phase appétitive est causée par un élément déclenchant et prépare l’animal à agir sur son environnement. Par exemple, un chien qui est à la maison regarde à l’extérieur et voit un élément déclenchant (un chat, un écureuil, le facteur, etc.). Il s’agite et s’excite, puis il aboie. Idéalement, le maître doit interrompre la séquence comportementale dès l’agitation et l’excitation en émettant un son ou en tapant dans les mains, puis en appelant l’animal. Si ce dernier se trouve dans une autre pièce et si le maître ne peut intervenir avant l’aboiement, il doit agir dès le premier jappement. Cette intervention interrompra la séquence au moyen d’une distraction. Lorsque l’animal obéit et vient vers son maître, celui-ci doit lui demander de s’asseoir; plus souvent qu’autrement, le chien cessera d’aboyer.

 

Le pourquoi du comment

Puisque le maître lui apprend à venir vers lui à chaque jappement, l’animal finit par comprendre qu’il aboie pour avertir son maître plutôt que pour servir son propre intérêt. Malheureusement, de nos jours, l’humain est souvent occupé et ne peut toujours intervenir au bon moment. Certains outils éducationnels, comme les colliers anti-aboiement à jets d’air comprimé, peuvent contribuer à interrompre la séquence comportementale lorsque le maître ne se trouve pas à proximité de l’animal. Ces colliers sont munis d’un détecteur qui déclenche un jet d’air comprimé (inodore ou parfumé à la citronnelle) très bref et dirigé vers le visage de l’animal. Bien que ce jet soit indolore et inoffensif, il dérange l’animal. Celui-ci est surpris, et son attention est détournée de l’élément déclenchant durant quelques secondes. Le collier remplace le frappement dans les mains du maître et constitue une aide éducationnelle fondée sur l’interruption du comportement. Le maître doit tout de même l’appeler afin qu’il change de pièce ou de lieu (si l’animal est à l’extérieur). Le taux de succès de cette méthode d’éducation lorsqu’elle est combinée au collier anti-aboiement est de 60 %.

 

Pour que le collier ne soit plus une nécessité

Après deux ou trois semaines, le chien comprendra généralement que le collier se met en fonction lorsqu’il jappe, et que son maître l’appellera ensuite. Il sera alors temps de retirer le collier. Dorénavant, lorsque son chien aboiera, le maître lui dira: «Non!» Généralement, le chien cessera de japper et viendra vers lui. Sinon, le maître devra lui remettre le collier. Rapidement, l’animal comprendra que le jappement sera suivi d’un «non!», puis d’une punition, soit le port du collier (qu’il n’apprécie généralement pas).

 

Ça ne fonctionne pas!

L’aboiement est une réaction naturelle et légitime. C’est l’abus qui est intolérable. C’est pourquoi il est important de permettre à un animal de s’exprimer une fois, mais pas davantage. De plus, il doit comprendre qu’il doit aller retrouver son maître chaque fois. Pour favoriser son apprentissage, il faut provoquer l’élément déclenchant (la sonnette de la porte, par exemple): il est bon de demander à une tierce personne de sonner à la porte de façon répétitive, soit chaque 30 ou 60 secondes. Au départ, le chien jappera sans cesse. Mais, au fil du temps, il s’épuisera et finira par aller retrouver son maître. À ce moment, celui-ci devra lui ordonner de s’asseoir. Une fois que l’animal s’exécutera, le maître le flattera rapidement, puis ira ouvrir la porte. Après quelques répétitions, le chien comprendra que son maître n’ouvrira la porte que lorsqu’il se calmera; il comprendra aussi que l’aboiement n’entraîne rien de favorable.

Le maître ne doit donc pas empêcher son animal de l’avertir qu’il y a quelqu’un à la porte, et le chien doit apprendre qu’il faut qu’il se calme et qu’il aille retrouver son maître pour que la porte soit ouverte.

 

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